Jean-Gilles Badaire
Les clairières souterraines
Illustrations de l’auteur.
Claude et moi sommes deux hussards volontaires, nous patrouillons loin de nos lignes sur nos chevaux harassés par tant de galops, nos corps renversés de fatigue sèment une sueur d’enfant sous nos shakos bouleversés.
Au loin, devant nous, la poussière chaude qui se lève révèle un fort déplacement de troupes ennemies.
Jean-Gilles Badaire (1951-2022), était peintre, dessinateur et poète. Tous les formats lui appartenaient : du très grand – à l’échelle du Château de Chambord où il a travaillé plus de vingt ans –, aux petits, ceux de l’intime, des carnets et des livres. Son œuvre est celle d’un explorateur de contrées – réelles ou intérieures – qui procède par cycles et motifs récurrents : villages dogons, fétiches, squelettes, pots...
Ces Clairières, hantées par l’enfance, sont des lieux où la magie s’allie à l’ordinaire, où le murmure d’un arbre, l’éclat d’une pierre, le silence d’un sentier révèlent l’invisible. Les objets parlent, les visages veillent, les ombres dansent entre les lignes. Ces échos dessinent un sanctuaire : celui du lien mystérieux qui unit le présent à nos souvenirs les plus enfouis.
A la suite des révoltes secrètes (2009), Les clairières souterraines est le dernier d’une collaboration riche de plus de cinquante ouvrages avec Fata Morgana. Entre la peinture et la poésie, il est l’ultime pierre d’un édifice qui prouve que là où se pose le regard, l’enfance veille — mythologique, fragile, indélébile.
ISBN : 978.2.37792.201.7
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500 exemplaires sur vélin ivoire du Cosson.
14 euros.