Dominique Pagnier

Le crépuscule des cantatrices

2019 ‒ 88 pages ‒ 14 x 22 cm

Le tramway austro-hongrois est le plus ancien d'Europe, ce qui explique que Vienne l'ait porté à une excellence inconnue ailleurs ; en fait il aurait été une chance pour l'Europe si l'on considère que la première rame circula à Sarajevo. Que, comme tout simple particulier, l'archiduc François-Ferdinand l'eût utilisé le 28 juin 1914 plutôt que sa lourde automobile Gräf und Stift, il aurait sans doute échappé aux balles du bosniaque Prinzip et la face du monde en eût été changée. C'est ce que me racontait parfois Frantisek qui évoquait souvent toutes ces vétilles dues au hasard, qui d'un coup, sans prévenir, orientent les destinées des hommes et des nations.

Traversées par la musique et ses fantômes installés dans un décor viennois, d'une langue aussi cristalline que tranchante, les quatre nouvelles de Dominique Pagnier qui composent ce volume sondent, sous couvert de nostalgique rêverie, poids et épaisseur de la mémoire.

  • 700 exemplaires sur vélin ivoire de Dampierre en Barrois.
    15 euros.