André Dhôtel

La littérature et le hasard

Préface de Christian Bobin, introduction de Philippe Blondeau.

Illustrations d’André Lhote.

2015 ‒ 200 pages ‒ 14 x 22 cm ‒ ISBN 978.2.85194.941.7

L’essentiel c’est une mauvaise santé, aussi bien morale que physique, une paresse traversée de sursauts et de remords.[…] En effet, lorsqu’on se trouve enfoncé jusqu’à un certain degré dans une incapacité qui permet tout juste de survivre, on a tôt fait de traverser la zone des sentiments que l’on continue parfois à utiliser pour faire plaisir à son entourage. Il ne reste de vrai pour soi qu’une solitude expiatoire, et (si l’on veut bien éliminer les dernières formules de mélancolie) bientôt pleine d’un charme étrangement harmonieux et peut-être très cruel.

André Dhôtel, qui se voulait un artisan de la littérature, aimait sans doute les choses bien faites et le travail achevé. Aussi consacrait-il l’essentiel de ses efforts aux romans qu’il publiait avec une remarquable régularité, ainsi qu’aux divers textes de commande et de circonstances qui incombent à tout écrivain un tant soit peu reconnu. En revanche, il ne s’est jamais abandonné aux vertiges de l’introspection, de l’automatisme ou des réécritures à l’infini. Les carnets, les journaux intimes, les brouillons multiples ne sont pas son affaire. L’essentiel de son oeuvre est au grand jour, comme lui-même, et il ne laisse guère d’inédits aux antiquaires de la postérité. Le seul qui nous soit parvenu porte un titre éminemment dhôtélien : La littérature et le hasard. C’est un document précieux, qui vient utilement confirmer ce que certains soupçonnaient depuis longtemps déjà, à savoir que cet artisan, s’il abordait avec une remarquable modestie sa tâche de romancier, en avait pourtant une haute idée et n’avait pas manqué d’en méditer les mystères et les difficultés.

  • 600 exemplaires sur vélin des Ardennes.
    23 euros.