Jean-Luc Parant

Soleil double
Le lisible, l'illisible

2020 ‒ 128 pages ‒ 14 x 22 cm

Lorsque j’ai pris conscience que mes yeux pouvaient toucher le soleil et que le soleil dans le ciel, d’où je le voyais, était très exactement de la taille de mes yeux entre mes doigts, j’ai compris que seules mes orbites retenaient mes yeux et que, si mes yeux n’étaient pas attachés à elles, mes yeux, après avoir vu et s’être ouvert la première fois, ne seraient jamais revenus se blottir sous mes paupières. Comme si l’attraction du ciel était plus forte pour nos yeux que l’attraction terrestre l’était pour le reste de notre corps. Comme l’attraction du vide sans fin est plus forte pour notre esprit que l’attraction qui maintient nos pieds au sol.

Soleil double se compose de deux parties «jumelles» – le lisible et l’illisible – comportant chacune le même nombre de mots : 9514. Ce sont deux livres qui se regardent. Le premier texte est le «je» véritable, tandis que le second est celui qui se regarde dans le miroir où le reflet, est toujours différent de la réalité, le lisible. Le «je» disparaît du second livre, l’illisible. Le dernier paragraphe du premier volume est aussi le premier paragraphe du second et forme une ligne de crête au-delà de laquelle il n’est pas possible de s’élever. Cette unique phrase répétée est le sommet d’une montagne gravie puis redescendue d’un volume à l’autre. Comme le visible, partagé entre le lisible et l’illisible, est une montagne dont les pentes opposées donnent l’équilibre – le jour et la nuit – à notre pensée.

  • 20 exemplaires accompagnés de deux œuvres originales : une de Titi et Jean-Luc Parant, l'autre de Quentin et Jean-Luc Parant.
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  • 900 exemplaires sur vélin de la Giffardière.
    20 euros.